fév
14
2011

Le navigateur Skandia ou le tableau de bord à la Suédoise

 

Les tableaux de bord tendent de plus en plus à laisser de coté les données purement comptables qui ne reflètent pas tout le temps la réalité économique de l’entreprise. A l’instar du tableau de bord traditionnel, le contrôle de gestion a vu l’émergence de nouveaux modèles comme le Balanced Scorecard ou encore le navigateur Skandia. Ces nouveaux tableaux de bord tentent de mesurer et de communique la stratégie de l’entreprise en arborant des indicateurs extracomptables comme la satisfaction client ou la qualité des collaborateurs de l’entreprise.

Le navigateur Skandia

Qu’est-ce que le navigateur Skandia ? Voici une présentation du tableau de bord suédois.

Tout droit sorti d’une entreprise d’assurance, Skandia AFS, d’où son nom, le navigateur place le facteur humain au centre de la matrice :

le navigateur Skandia

le navigateur Skandia

La responsabilité sociétale de l’entreprise au cœur des mesures

La raison d’être de ce nouveau tableau de bord est qu’il se fonde sur une dimension sociétale. Cela signifie que les réflexions des entreprises prennent en compte l’impact de leurs activités sur l’environnement social et environnemental.

Les indicateurs propres à ce tableau de bord reprennent une partie des indicateurs du BSC mais en intègre de nouveaux comme par exemple le temps consacré aux clients rapporté au temps de présence des collaborateurs. Dans cet exemple, la valeur des individus (client et collaborateur) est clairement prioritaire.

Les biens immatériels mis en avant

Les biens immatériels sont des actifs qui ne peuvent être comptabilisés à l’actif du bilan mais qui, pourtant, jouent un rôle majeur dans la réussite de l’entreprise. Ce peut être par exemple la localisation de l’entreprise (est-elle proche d’infrastructures ou au beau milieu de la campagne profonde ?). Pour comprendre comment le navigateur intègre ces éléments, l’analyse des quatre axes du navigateur est indispensable :

L’axe humain

Occupant une place centrale, cela marque une volonté de placer les relations, les compétences et les ressources humaines au centre des préoccupations de l’entreprise. Il prend en compte d’une part le capital humain et d’autre part le capital structurel.

Le capital humain concerne principalement des résultats d’enquêtes internes comme la motivation du salarié, la fierté d’appartenance à son entreprise, les sentiments des salariés face à leur employeur etc. Cependant, le capital humain associe à ses différents ratios d’autres mesures comme le taux d’absentéisme, le taux de formation, etc. plus génériques.

Ainsi, le capital humain place au centre des mesures le collaborateur.

Le capital structurel, lui, mesure la capacité relationnelle de l’entreprise en calculant trois facteurs :

  • Les relations avec les tiers de l’entreprises (actionnaires, banques, fournisseurs, clients, salariés etc.). Cela peut se traduire par des taux de rencontre ou de partenariats par exemple.
  • La capacité de l’entreprise à motiver ses collaborateurs
  • Le dynamisme de l’entreprise. Ici des indicateurs basiques comme le taux de croissance du CA, la mesure de la recherche et développement, la pénétration des nouveaux produits mais aussi des indicateurs axés autour de l’humain comme le taux d’embauche et de départ, la notoriété, le taux de participations des salariés aux événements de l’entreprise etc.

Le capital structurel mesure donc la capacité de l’entreprise à évoluer dans son contexte économique et social. On peut ainsi dire que l’entreprise, par ce tableau de bord est poussée à se remettre en question, ce que font difficilement les tableaux de bord traditionnels.

L’axe financier

L’axe financier, « le toit », représente le passé de l’entreprise. Outre les ratios habituels, il met en avant des indicateurs orientés sur la personne. Ce peut être par exemple le coût de la relation client ou le bénéfice par salarié.

L’axe client

Ici, comme le balanced scorecard, l’axe client met en avant des notions de fidélité, de potentiel de l’entreprise à conquérir de nouveaux clients ou encore un taux de réclamations ou de SAV.

L’axe processus

Le processus, ici, signifie l’informatique. Cela comprend donc des mesures de taux de renouvellement du parc informatique, le taux de maintenance / panne des serveurs. Comme les autres axes, l’humain est au centre des mesures. On peut ainsi trouver des taux de formation à l’outil informatique, mesure des compétences des salariés etc.

L’axe innovation et développement

Comment l’entreprise appréhende son marché futur ? Les mesures de ce volet évaluent l’entreprise sur des ratios concernant les nouveaux besoins des clients, le nombre de nouveaux produits sortis, le taux de recherche et développement etc.

En conclusion, le navigateur Skandia est un tableau de bord encore jeune et innovant qui place les compétences et les ressources humaines au centre des préoccupations de l’entreprise. Ce tableau de bord à l’avantage de pousser de manière flagrante l’entreprise à se remettre en question et à sans cesse innover. De plus, il prend en compte des valeurs immatérielles indispensables à la réussite et à la pérennité de l’entreprise. Enfin, il s’intègre parfaitement dans le contexte économique, social et environnemental actuel en perpétuel mouvement et dans lequel la reconnaissance des salariés demeure plus que jamais primordial.

 

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A propose de l'auteur : Thibaut LEFEBVRE

Je suis passionné d'entrepreneuriat et de finance d'entreprise. Après des études à l'EDHEC de Lille, j'ai passé 5 ans en cabinet d'audit. Désormais j'accompagne les créateurs d'entreprise dans la rédaction de leur business plan et dans la gestion de leur trésorerie.